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Les postes - Le Gardien
Goal, portier, dernier rempart… Si le poste de gardien de but accepte beaucoup d’appellations, c’est qu’il s’agit — comme dans beaucoup d’autres sports collectifs — du plus singulier. Dès le premier coup d’œil, n’importe quel néophyte le remarque: c’est le joueur qui ne porte pas le même maillot que les autres, qui est en survêtement et porte même parfois la casquette, se balade et s’agite tout seul dans sa petite zone aux confins du grand rectangle vert, devant sa cage, et qui crie pendant 90 minutes sur ses coéquipiers. Un mental d’acierPourtant, le gardien de but est un des joueurs les plus impliqués dans le collectif de l’équipe. Oubliez l’image du garçon timide et pas doué que personne ne veut dans son équipe et qui se retrouve à garder les cages dans la cour de récré. Le gardien doit être un leader. Bernard Lama, portier champion du monde qui a fait les (rares) beaux jours du PSG, en sait quelque chose: «La première qualité d’un bon gardien, c’est le leadership. Il est derrière tout le monde, il voit tout ce qu’il se passe. Il est censé placer ses coéquipiers, leur parler…» Et leur crier dessus. Pour s’assurer du niveau de concentration de ses défenseurs, placer son mur sur un coup franc ou rappeler ses joueurs au marquage sur un corner, le gardien donne souvent l’impression d’engueuler ses propres coéquipiers. Crier, c’est aussi une manière d’intimider l’adversaire particulièrement utilisée chez nos voisins allemands: le grand Oliver Kahn ou Jens Lehman ne reculaient devant rien pour faire peur aux attaquants adverses et marquer leur territoire.
Autre attribut mental indispensable: la concentration. Si un attaquant qui manque le cadre est vite pardonné, la moindre erreur du gardien, de par son rôle de dernier rempart, peut faire changer le cours d’un match. Qui se souviendra dans quatre ans, lors des rétrospectives sur le Mondial 2010, du raté de Govou face à l’Uruguay? En revanche, la bourde du gardien anglais Robert Green face aux États-Unis a déjà fait le tour du monde et restera comme une des images fortes de ce Mondial, et les noms des gardiens auteurs de bévues monumentales rentrent même parfois dans le vocabulaire footballistique, comme ceux d’Arconada ou de Zubizarreta. Il faut dire que voir un portier se manquer a quelque chose d’irrésistiblement comique, qui assure aux représentants du poste une place de choix dans les bêtisiers sportifs. Le style d’un gardien dépend en fait pour beaucoup de ses attributs physiques. Dans ce domaine, on assiste à une tendance lourde vers des gardiens toujours plus grands et plus costauds, à l’image de l’Italien Gianluigi Buffon (1m91), qui a dominé la spécialité dans les années 2000, de la muraille de Chelsea Petr Cech (1m96) ou du portier des Bleus, Hugo Lloris (1m88). Les petits gabarits, plus vifs et explosifs, sont devenus rares: dans le championnat de France, le Stéphanois Jérémie Janot fait figure de lutin avec son 1m76. Pour Bernard Lama (1m83), cette évolution n’est pas forcément positive: «Un gardien qui fait 1m90 ne peut pas se déplacer correctement, reste figé sur sa ligne, et ne peut donc pas aider son équipe de la même manière.»
Date de création : 13/02/2013 @ 23:41 Réactions à cet article
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